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Mon expérience de jeûne

6 Jan 2020 | Empowoman

Le bouillon du soir 

Il était temps de vous partager mon expérience du jeûne.

Le week-end du 11 novembre, je me suis retirée au cœur de la Provence, dans un centre de jeûne situé à Grans, baptisé « Le jeûne de Manon ». Normalement, un jeûne dure 7 jours. Mais avec les enfants, prendre 7 jours était tout simplement impossible, je suis donc partie 4 jours, du samedi au mardi inclus.

Rien que sur cette durée, les effets ont été surprenants tant ils furent bénéfiques.

Pourquoi un jeûne ?

Cela faisait longtemps que j’en rêvais. Lors de retraites de yoga ou de méditation, je ressens une grande satisfaction à me « défaire », à me délester, à renoncer au superflu. C’est comme une purification, un nettoyage de mes émotions et de mes pensées accumulées pendant des mois. J’avais donc l’intuition que ce serait bénéfique. Et comme je le pressentais, j’ai constaté qu’en me défaisant du surplus, je retrouvais de l’énergie.

Il faut voir aussi que depuis que je suis mère, une grande part de mon temps est dévolue à la gestion : les repas, par exemple. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire une réflexion en amont, qu’acheter de bon, sain et qui ne revienne pas une fortune ? Cela veut dire se déplacer, faire des courses, revenir, ranger, préparer. Et si tu es écolo, c’est parfois encore plus compliqué car il faut prévoir des sacs de tissus pour le riz ou les pâtes en vrac et limiter au maximum les déchets. Eviter les produits transformés signifie aussi un temps important de préparation comme l’épluchage des légumes. Charge mentale quand tu nous tiens ! Et ce n’est pas terminé, il faut ranger encore les ustensiles et la table du repas, avec en point final, le passage de l’éponge, le ramassage des miettes et le coup de balais.

Est-ce un jeûne spirituel ?

J’avais donc vraiment besoin d’espace. C’était aussi dans l’air du temps : l’automne se prête bien à cette expérience de dépouillement. Les arbres perdent leurs feuilles. Moi je perds mon excédent pour recontacter mon centre (et les arbres se recentrent sur leur troncs). Même si je suis encore loin de jeûner 40 jours dans le désert, cette démarche qui consiste à se nettoyer sur tous les plans m’attire vraiment.

Le déroulement du jeûne

J’ai commencé à jeûner à la maison après le diner de vendredi soir qui fut très léger. Depuis plusieurs jours, sur les recommandations de notre guide Manon, j’avais mis l’accent sur les légumes cuits. Puis samedi matin, j’ai quitté la maison vers 10h, après une halte à Aix-en-Provence où j’ai bu une simple tisane en compagnie d’amis, je suis arrivée vers 17h sur mon lieu de jeûne, un mas provençal perdu dans la garrigue.

La décoration chaleureuse m’a beaucoup plu, dans ces circonstances (extrêmes !), je vous assure que ce n’est pas un détail. Ne pas manger en étant dans une chambre qui ressemble à une cellule monacale froide et austère rend l’expérience plus âpre. Or, chez Manon, de magnifiques canapés, une cuisine aux joyeuses couleurs du Sud, des lumières tamisées, nous ont offert un cadre propice à l’échange et aux discussions avec les autres jeûneurs.

Le bouillon qui mijote

Après mon arrivée, place à l’entretien individuel avec Manon avec passage obligé sur la balance. Résultat : 63,5 kg. (Pour 1,68 m si vous voulez calculer mon IMC).

Il est important de noter que la perte de kilos n’est pas le sujet principal d’un jeûne. Bien sûr, on a envie de perdre du poids. Mais comme je l’explique plus haut, mon objectif était de m’alléger physiquement, émotionnellement et psychologiquement. Depuis que j’ai commencé une pratique spirituelle quotidienne, je sais que ces dimensions sont inséparables. La fatigue et certaines émotions me poussent plus volontiers à « compenser » avec de la nourriture.

Donc jusqu’ici tout va bien. Nous démarrons la journée de dimanche avec un lavement des gencives qui consiste à garder à la bouche de l’huile d’olive ou de sésame plusieurs minutes. C’est une pratique ayurvédique qui ferait remonter les toxines. Puis nous rejoignons Manon dans une cabane en bois très bien chauffée où nous pratiquons des étirements et l’exercice chinois de Dao-yin. 30 minutes douces et réconfortantes. Puis nous nous retrouvons à la cuisine pour boire notre jus de fruits et légumes à base de betteraves, de pommes… On boit lentement et on SAVOURE.

Le jeûne et la randonnée

Le mythique ciel bleu de Provence abrasé par les vents de la vallée du Rhône

Puis vers 9h nous sommes partis en promenade. Une « promenade » qui a duré 4 heures à un bon rythme que je qualifierai même, à mon niveau de « soutenue ». 11 km tout de même ! Mon corps n’avait jamais vécu un truc pareil même lorsque je gravissais les Himalaya il y a quelques années. Au retour, je vais me reposer dans ma chambre. Je me sens faible, j’ai du mal à tenir une conversation au téléphone sans être essoufflée, j’ai froid puis je transpire : en fait, je fais une crise d’acidose. En pensant que je ne suis qu’au 2ème jour, je commence à bader et à m’inquiéter de la suite. Dans cette expérience, le mental joue un rôle super important. J’y reviendrai. Mais pas de panique, en cas de crise d’acidose, Manon prévoit une cuillère de miel. Vers 17h30, elle sort un pot et une cuillère du placard et m’offre la plus délicieuse cuillérée de miel de toute ma vie. Ça va un peu mieux, un cours de sophrologie, un bouillon et la journée s’achève. 

Ma chambre

Le jeûne sur le plan émotionnel

Lundi au petit matin, j’ouvre les yeux, il fait encore nuit et j’imagine qu’il est autour de 6h du matin, heure de réveil de ma fille. Raté ! Il est 5h du matin  Le jeûne a pour effet de diminuer les besoins de sommeil. Pourtant je n’ai pas franchement envie d’aller marcher. Même pas du tout. Vers 9h, je pars à reculons à l’assaut des Alpilles sous un mistral automnal glacial avec le groupe. Je me sens engourdie, triste, je pense à mon père décédé il y a 2 ans et ma seule envie est de me blottir sous une couette. Mais je marche, pas le choix. Et puis peu à peu, je suis emportée par le rythme, j’avance de plus en plus vite. Avec la vitesse, je réalise que cet effort est une opportunité pour me libérer de ce qui me freine. J’accentue mes respirations, je pose la conscience en visualisant que chacune des expirations est une libération de ma tristesse. Je me retrouve en tête de peloton. Mes difficultés ont laissé place à la fluidité. J’étais en train de m’enfermer dans un scénario émotionnel, or, la marche m’en a libéré. Je ne me croyais pas capable de marcher encore des kilomètres de dénivelé, et cette idée arrangeait bien mon penchant à la complaisance envers moi-même. Le jeûne en faisant remonter à la surface ces anciennes émotions de tristesse et d’affliction que je traînais depuis longtemps, associé à la marche, m’a permis de les identifier et de les dégager. Le shift du mindset !

Mardi 12 novembre, après une nouvelle marche venteuse, j’ai quitté le mas en début d’après-midi pour mettre le cap sur la maison. J’avais pour objectif de le poursuivre encore deux jours. Ce fut difficile. Mercredi après-midi, j’ingérais quelques pruneaux.

Les bienfaits

• 15 jours après : Manon nous avait prévenu, les effets se font sentir 15 jours après le jeûne. Et c’est vrai que je me suis sentie vraiment neuve à la fois physiquement, tant j’avais bonne mine, que moralement (Habituellement, à cette période la diminution du jour ne me réussit pas). C’est impressionnant.

Sur le plan moral, le fait de diminuer fortement le sucre a eu un effet inattendu : la stabilisation de mes émotions. Avant j’avais des « humeurs » que j’imputais au cycle menstruel. Là j’ai cru être enceinte tellement mon humeur était paisible chaque jour. Après quelques recherches, j’ai lu que le sucre était plus addictif que la cocaïne ! Dans cette vidéo, il est ainsi expliqué que les personnes qui mangent peu de sucre sont moins voire pas sujettes à la dépression. En fait, j’étais une droguée qui s’ignore. En mangeant du sucre dès le matin, j’envoyais à mon corps un très mauvais signal, qui annonçait la fringale de 11h avec pour réflexe du sucre, puis pour le goûter encore du sucre…
C’est donc surtout au petit-déjeuner que j’ai mis un sérieux bémol, il est devenu salé (pain de seigle ou de petit-épeautre beurré, avocat toast, fromages de chèvre, purée d’amandes…).

Au niveau du sucre, le jeûne a amorcé une belle prise de conscience.

Le jeûne a boosté ma confiance en moi. Je ne pensais pas avoir les capacités de tenir ce jeûne. Me rendre compte que c’est possible élargit mes horizons, me galvanise et ravive mon enthousiasme.

En résumé, sur le plan émotionnel, manger moins m’a apporté l’enthousiasme et l’arrêt du sucre a stabilisé mes humeurs. 

• Physiquement, j’ai renoué avec le sport sans me poser de questions. Qu’il pleuve, qu’il vente, je sors et je MARCHE (et même parfois je cours !).

• J’ai mis les points sur les « i » et les trémas sur les « u » à propos de mon régime alimentaire. Pourtant végétarienne depuis plus de 12 ans, je n’étais pas une abonnée aux fruits et légumes. Grâce aux conseils en naturopathie distillés durant le séjour, j’ai fait un virage vers les légumes. J’initie de nouveaux réflexes, je peux aller faire une course juste pour me procurer mon chou topinambour du midi et mon assiette se compose à 50% à minima de légumes.

• Je mange peu voire plus du tout le soir. C’est ce qu’on appelle un jeûne intermittent qui commence après mon chocolat chaud de 16h à base de lait végétal, de cacao cru et de cannelle (pour éviter les sucres) et qui se termine le lendemain au petit-déjeuner.

• Suite au jeûne j’ai pris conscience que j’étais « agrippée ». Je m’explique : le repas occupe une place considérable dans ma tête, je passe du temps à l’anticiper et à y penser. Or, le fait de manger moins m’a ouvert l’esprit. Je décolle du plancher des vaches !

• Je dors moins et j’ai donc plus de temps.

• Mon système immunitaire est renforcé.

• J’ai perdu 3 kilos.

Voici pour mon expérience du jeûne qui j’espère vous aura éclairé. N’hésitez pas à laisser un commentaire si le sujet vous intéresse. Restons en contact via les réseaux sociaux, n’hésitez pas à aimer cet article et ma page Facebook.

 

Le jeûne Buchinger

Le bouillon du soir

Le fait d’ingérer environ 300 calories par jour avec les jus et le bouillon du soir constitue un jeûne du type Buchinger. Ce n’est pas un jeûne dit « sec » où on ne boit et on ne mange pas pendant une journée.

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